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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 22:08
Il est des jours comme celui-ci qui vous confortent dans vos choix. Celui d'être venu en Martinique bien entendu. Mais également celui de vouloir rester, juste encore un peu siouplé, et profiter de ce véritable Eden qui s'offre à vous au détour d'un morne ou d'une sinueuse petite route usée par le temps...

Tout avait commencé lorsqu'entre de deux ti punch, à "l'heure des grenouilles", affalés sur notre terrasse et profitant allègrement du tiède et suave crépuscule, notre très cher voisin Jean-Pierre nous avait proposé une petite ballade vers le Nord, afin de nous faire découvrir "l'un des plus merveilleux coins de la Martinique", selon ses propres mots. Rendez-vous était donc pris pour le dimanche suivant...
Le samedi soir précédent l'excursion, il passe nous voir avec sa moitié, Céline, et son ti bou de choux, Lili, pour un gentil et innocent petit apéro qui se prolongera en une longue soirée bien arrosée (une bouteille de rhum vieux rien qu'à nous deux pendant que les filles se chargeaient du rhum blanc !) et bien enfumée. Nous nous quittons assez tard, passablement fracassés (enfin juste les mecs en fait, comme d'hab'...), avec le fol espoir de pouvoir se lever tôt le lendemain. Bref, un week-end qui commence plutôt très bien !
Le lendemain matin, nous partons finalement à 8h30, au lieu des 7h30 prévues. Qu'importe, c'est dimanche quand même. Nous voilà tous les cinq en voiture, direction l'extrême-Nord de l'île pour une plage du nom de "l'Anse Couleuvre". Pas moins d'une heure et demie pour rallier ce point, qui est aussi le terminus de la route du nord-ouest (pour rejoindre Macouba, un peu plus au Nord, il faut carrément revenir en arrière et faire le tour du volcan de la Montagne Pelée). Passé Fort-de-France (nous n'étions encore jamais allés plus haut), le trajet le long de la côte ouest nous met déjà l'eau à la bouche : le paysage n'est que succession de petits mornes verts et touffus, de roches impudiquement dénudées par le vent, de maquis méditerrannéens, de landes façon écossaise, d'anses aux plages multicolores allant du noir volcanique intense au blanc aveuglant de nacre, de ravines charriant les fraîches eaux des pluies dévalant les abrupts reliefs des pitons pour se jeter dans la mer scintillante et d'un bleu si profond qu'il semble par moment se confondre avec le vif azur du ciel. Ajoutez à ce tableau le son, Eugène Monna (une sorte de Brassens local, totalement autodidacte et bouillant amant de la culture créole à laquelle il a contribué à rendre ses lettres de noblesse) plein les oreilles, ainsi que les délicieuses odeurs de Dame Nature à plein nez, et vous aurez ainsi une petite idée, certes bien pâle au demeurant, de l'évasion des sens que l'on a vécue à ce moment-là ! Difficile de mettre des mots là-dessus, il faut le vivre...
En dehors d'une courte halte à St Pierre, nous avons fait le trajet d'une traite. Les derniers kilomètres à serpenter sur une petite route de béton défoncé en plein coeur d'une épaisse forêt primaire nous offrent un spectacle magnifique. À l'arrivée, Jean-Pierre a été surpris et quelque peu déçu de voir la quinzaine de voitures déjà présentes sur les lieux : cela faisait trois ans qu'il n'était revenu par ici, et à l'époque, on n'y rencontrait quasiment personne.
Dernière étape du parcours, après avoir un traversé un petit ruisseau de montagne bien rafraîchissant pour les pieds, nous suivons sur quelques centaines de mètres un étroit sentier à travers la végétation luxuriante, tout en dénivelé, pour déboucher enfin sur la plage noire de ladite Anse Couleuvre. Un lieu magique, sauvage, préservé de la main de l'Homme, presque intact depuis les Temps Premiers ! Une eau chaude et parfois turbulente, prisée par les surfeurs locaux, du sable noir par ici, par là de gros rocs-galets où se brisent furieusement les vagues en pluie d'écume, des palmiers et autres cocotiers disposés comme pour y installer son hamac ou simplement protéger par leur ombrage les passants du mordant soleil des tropiques, et au centre de l'anse l'embouchure du petit ruisseau où se mêlent l'eau douce et fraîche des pluies des hauteurs à l'eau saline et tiède de la Mer des Caraïbes, telle une parfaite allégorie de cet incroyable équilibre martiniquais : la combinaison d'une altitude habile à capter l'eau douce des cieux et d'une latitude propice au soleil et à la chaleur, le tout engendrant cette si singulière et étonnante explosion de vie partout où se posent vos yeux ébahis !
Le retour au soleil couchant, agrémenté d'une noix de coco fraîchement coupées (c'est fou ce qu'on peut boire dans ces grosses canettes naturelles !) acheva en beauté la journée. Harassés mais l'esprit et le coeur gonflés de toutes ces sensations, le sommeil de cette nuit-là n'en fut que plus léger et apaisé...

Avant de nous séparer, un dernier ti punch en main, nous avons déjà convenu de retourner là-bas très bientôt afin de faire une grande randonnée de quatre à cinq heures qui nous mènera de l'Anse Couleuvre à Macouba à travers les flancs très boisés de la Montagne Pelée. C'est d'ailleurs le seul moyen de se rendre à Macouba depuis ce point puisque la route s'y achève, si ce n'est en faisant un gros détour en voiture.
En dehors de sa générosité, de sa grande culture, de son ouverture d'esprit et de sa sympathie, Jean-Pierre est un mordu de randos, ce qui nous promet encore de très nombreux "dimanches au Paradis"...

Quant à nous, il est certain que l'Anse Couleuvre sera un passage obligé pour tous ceux d'entre vous qui viendront pour la première fois nous rendre visite. Nous envisageons d'ailleurs la possibilité de passer un week-end entier là-bas, avec tentes et provisions. D'autant plus qu'il existe autour cette anse de nombreuses plages encore plus inaccessibles et pittoresques pour peu que l'on fasse l'effort d'une bonne marche à travers la forêt tropicale, l'intérêt étant d'être certain de ne pas y croiser un chat !
En vous embrassant tous, nous vous laissons tenter de vous faire une vague idée des lieux évoqués avec les quelques photos ajoutées...


A pli taw !!!


PS : désolé pour les envolées lyriques ! ^^
PS bis : le premier Métropolitain est arrivé, bienvenue à Razou !!!
PS ter : nous avons ajouté trois photos de nos nouveaux "colocataires" dans l'album de la faune, à vous de les trouver...
Par Marno - Ecrire un commentaire
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