Longtemps mal-aimée à cause des moustiques et de l'odeur nauséabonde qu'elle charrie (en raison du méthane qu'elle produit en masse), la mauvaise réputation de la mangrove lui valut partout à
travers le monde d'être malmenée, allant jusqu'à sa quasi disparition. On commence seulement depuis peu à protéger ce riche écosystème tropical pour ses nombreuses vertus sur l'écologie locale :
purification de l'air, maintien de l'humidité, limitation de l'érosion voire extension des terres côtières, filtration retenant les sédiments préjudiciables au développement des herbiers et des
formations coraliennes situées plus au large, véritable
nurserie à oiseaux et formidable
pouponnière à espèces marines (notamment crabes et langoustes).
Pour s'installer, une mangrove a besoin d'eau chaude (au moins 22°C) et d'un fond de baie calme et peu profond, riche en sédiments.
Ce milieu naturel, à cheval entre terre et mer, se caractérise notamment par le fait qu'il ne compte que quelques espèces arborées spécialisées et résistantes à un fort taux de salinisation de
l'eau (principalement les différents palétuviers : le
palétuvier rouge, le
palétuvier blanc et le
palétuvier noir ou
mangle gris). Mais il existe également des
mangroves d'eau douce (la Martinique n'en possède qu'un petit échantillon sur la côte atlantique), dont le palétuvier caractéristique est le
mangle médaille...
Le plus remarquable des arbres de la mangrove est sans conteste le
palétuvier rouge. Véritable "pionnier", c'est lui qui
colonise en premier le front de mer en enchevêtrant ses
racines échasses avec celles de ses
voisins pour former un "piège" à sédiments, permettant ensuite à ses cousins de se développer... Une autre caractéristique étonnante : le palétuvier rouge est une espèce vivipare ! En effet, les
graines germent directement sur l'arbre, formant des "
hypocotyles" (protubérances effilées au bout pointu de 20 à 30 cm), qui finiront par tomber dans l'eau afin de se fixer et s'enraciner dans la vase...
En Martinique, la mangrove s'étend sur environ 1800 hectares (soit 6% des zones boisées) en différents sites.
La
mangrove de la baie de Génipa est la principale : elle représente deux tiers de la mangrove
présente sur l'île ! Mais c'est également la plus directement menacée : 80% des Martiniquais vivent non loin d'elle, sa fragilité s'accommodant bien mal de l'extension des activités
humaines...
Notons tout de même que les mangroves insulaires sont beaucoup moins impressionnantes que celles que l'on trouve le long des continents, en termes de végétation et de faune qu'elles abritent.
Sur ces propos fort studieux et rébarbatifs, nous vous invitons à découvrir tout cela visuellement à travers les photos que nous avons mises sur le blog (certains liens apparaissent d'ailleurs
dans le texte) !
À très très vite !!!
PS : nous avons effectué quelques modifications sur le blog (ajout d'infos sur la
description du fromager dans l'album "Maison de la Canne", correction d'une erreur concernant l'origine de l'appellation "Madinina" au début de l'
article précédent et ajout d'une carte au début de chaque album photo afin de situer les lieux visités)
PS bis : nous avons enfin reçu nos cartons aujourd'hui à 13h !
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